
<p>Présentation de la chaire</p><p></p><p>Des droits de l'homme à l'action humanitaire, des commissions vérité et réconciliation aux conventions internationales sur les réfugiés, de l'intégrité des gouvernants à la régulation de la finance, de la reconnaissance des relations de genre à la légitimation du statut de victime, du port du voile à la liberté d'avorter, des lois de bioéthique à la déontologie de la recherche, morale et politique n'ont cessé, au cours des dernières décennies, d'interroger les modalités de la vie en société et de redéfinir les frontières entre espace public et espace privé. La question sociale s'est ainsi doublée d'une question morale, et dans les deux cas, le politique s'est trouvé mis à l'épreuve. C'est à cette interface entre moral et politique que la chaire est consacrée.</p><p></p><p>Les sciences sociales ont historiquement eu, à l'égard de la question morale, une double posture. D'une part, tant les anthropologues, depuis Westermarck, que les sociologues,